Si vous n'avez rien d'autre à faire, lisez donc mes élucubrations... Il paraît que ça occupe de lire des conneries. Si votre but ici n'est que mettre des commentaires superficiels et inutiles, on ne le dira jamais assez, mais cliquez sur la croix en haut. En tout cas, bonne visite, et j'espère que mon blog vous plaira ! ;)

samedi 17 mai 2008

Ashes to ashes, dust to dust.


Il était impossible de définir l'odeur émanant de la cave tant elle semblait putride. Ash respirait par convulsions, l'impression que son cœur ne resterait pas longtemps en place - comme s'il voulait fuir son corps et les exhalaisons nauséeuses qui s'emparaient de lui, de la trachée aux boyaux – s'intensifiant. " EXPIRE ! „ Les poumons irrités par la fétidité ambiante, la cage thoracique comprimée par l'étreinte sourde de la puanteur ; il suffoquait, comme un soufflet de chair aux mains d'un géant.

Il vint s'appuyer au chambranle de la fenêtre, observant la pluie frapper lourdement le sol boueux, inonder la route…
Ses yeux se détournèrent du paysage mélancolique, fixant avec intérêt la poignée.

La bise envenimée en émanait comme un dard idéal, et paraissait imprégner le cylindre rouillé de la serrure, s'insinuant dans la pièce telle un effluve nauséabond annonçant de proches réjouissances aux vers.
Ash étreint d'une main décharnée la poignée de la porte, sa curiosité montant ainsi que s'accéléraient les battements de son cœur.

L'oreille d'acier crissa. La porte tournant sur ses gonds semblait ricaner, d'un rire bas et voilé, d'un rire sinistre.
L'obscurité dévorait l'escalier menant à la cave, et de la pièce, noyée dans sa sourde et oppressante emprise, se dégageait l'Odeur, plus proche que jamais. " EXPIRE ! „ Ash, les narines grandes ouvertes pour aspirer la moindre particule d'air pur, toussait comme s'il eut été souffreteux. Les yeux empourprés, les membres appesantis, il se dissipa dans la pénombre. Il était impossible de savoir… " EXPIRE ! „ …ce qui, des ténèbres ou du souffle empesté, voilait le plus ses sens.

Quelqu'un appuya sur un interrupteur. La lumière jaillissait par taches tant les lampes de la cave étaient encrassées.
Ash cherchait à s'habituer à la clarté, aussi aveuglante que la nuit de souffre dans laquelle il avait été englouti, en battant des paupières. Lorsqu'il comprit la provenance des émanations, il dut retenir un cri.
" EXPIRE ! „ Des cadavres, formant une farandole macabre, étaient alignés. Ils avaient été disposés avec minutie, comme si l'on eut pu prendre un quelconque plaisir à disposer harmonieusement des dépouilles. En dessous, il aperçut une flaque graisseuse et luisante d'adipocire. Toutes les victimes avaient succombé à une asphyxie, un chiffon enfoncé dans la bouche. " EXPIRE ! „

Celui-ci avait les orbites vides. Celui-là était encore tout récent ; on voyait ses beaux yeux bleus écarquillés. Non comme ceux d'un enfant, bien qu'emplis de candeur, mais écarquillés comme ceux de la bête chassée et effrayée. " EXPIRE ! „
Les pas du braconnier résonnèrent. Il descendait les escaliers maintenant… " EXPIRE ! „


Pix : Succubus
Listening to : Dévore – Eths.


dimanche 27 janvier 2008

I'm crazy about you.

La journée durant, il s’efforçait de masquer sa démence sous des maximes emplies de sagesse, tant et si bien que tout le monde eut pu jurer qu’il n’y avait rien de déraisonnable en lui, et que jamais l’on eut vu un être si sensé. Et, si l’on avait un jour découvert un type marmonnant des mots délirants, susurrant des menaces, d’une voix effrayante, s’adressant à un interlocuteur invisible, à la place de cette personne que tout le monde connaissait si équilibrée, il aurait expliqué être en train de répéter une pièce de théâtre, probablement, ou aurait trouvé toute autre excuse adaptée aux oreilles de ceux qualifiés communément de naïfs.

C’était un individu contraint à la perfidie et au mensonge mais il était bon et vertueux, au fond. Seulement, il n’y a homme plus fou que celui qui se croit capable de tout, et lui pensait pouvoir dérober au regard des autres une tare qui le hantait mais qu’il devait malgré tout réprimer, un mal qui lui soulevait les entrailles, tandis que lui s’efforçait de les maintenir en place par divers subterfuges et simulacres ondoyant à sa surface et étant seuls éléments de son âme qu’il laissait visibles à son environnement.
Il se sentait comme mort, autant intérieurement qu’extérieurement, totalement désemparé, mais gardant néanmoins – telle une maigre consolation - la sensation chaleureuse de son sang coulant dans ses veines.

A la tombée de la nuit, sa folie l’envahissait et le persécutait sans lui laisser de répit. Elle n’avait alors personne de qui se cacher, personne, et prenait un malin plaisir à torturer la pauvre tête étriquée de son hôte, qui se débattait inutilement sous son joug. La Malsaine lui emplissait l’esprit, occupant chaque parcelle de son âme, faisant raisonner dans sa tête des bruits brefs, incessants, comme les carillons d’une infinité d’horloges, et y infiltrant des pensées effrayantes tant elles semblaient réelles. Tous les soirs, lorsqu’une crise le transperçait, il s’agrippait d’un ultime espoir à sa commode, ses ongles rentrant dans le bois grossier du meuble, laissant d’horribles sillons sur la tablette. Lorsqu’il se démenait contre la Furie, le petit ameublement valsait sous ses coups hargneux, étant la seule chose à portée de son lit.

Un beau matin, il s’était réveillé. Ou plutôt, elle s’était réveillée. Il n’y avait plus trace du bon et vertueux homme qui se débattait avec acharnement.
Elle se mit à errer, en quête d’un endroit où poser son derrière hanté. Un banc, à l’écart de la circulation et du bruit continuel causé par l’agitation de la fourmilière humaine qu’est une ville. Voilà qui était parfait. Vint alors une dame d’un âge apparemment avancé, donnant l’impression de posséder une bosse tant elle était courbée, et se déplaçant à l’aide d’une canne, telle une troisième jambe. Fatiguée des dix mètres qu’elle venait de parcourir – un vrai marathon, pour elle – elle prit place aux côtés de la Chose qui n’avait d’un humain plus que l’enveloppe corporelle, le regard vide et le visage livide. Elle était vêtue d’une jaquette et d’une jupe de couleur marron, d’assez mauvais goût.
Le visage de son voisin se crispa. La lutte démente qui lui était habituelle, tous les soirs, recommença. Sauf que cette fois-ci, c’était le pauvre homme qui tentait de l’effrayer. La chorégraphie sinistre et maintenant connue de tous deux s’effectua. Les ongles se plantèrent violemment dans un objet proche, ressemblant étrangement à une commode. La vieille dame poussa un cri et s’effondra. L’homme qui commençait à reprendre possession de son corps, l’envoyait valser comme son meuble, y laissant les mêmes sillons.

Puis, plus rien. Un grand silence. Les nuages voilant les yeux de la triste créature partaient peu à peu, pour laisser place à cette vision d’horreur. Une vieille femme, couverte de griffures, ensanglantée, gisait à terre, inerte.
« Est-ce moi qui ai fait ça ? » Il recula de quelques pas, se retourna brusquement, puis s’enfuit à travers la forêt, poursuivi par sa névrose, laissant la femme reposer au milieu des feuilles mortes d’un rouge étonnamment vif.


Pix : Le fou
Listening to : The Bird and the Worm – The Used.


dimanche 16 décembre 2007

L'amour heureux ?


Pas trop d’inspiration, mais une envie vitale d’écrire, et c’est ainsi que je vous certifie un article d’une grande qualité avant même de l’avoir commencé. (Non mais sans blague… Si, c’en est une…)

Parfois arrive t’il, par chance, peut-être, ou est-ce le destin qui s’immisce – effectivement, j’ai fini par y croire, dans mon alcôve de déceptions, trouvant enfin de quoi imputer ma faute à un fait qui n’est pas du tout de mon ressort - , que la vie fasse embrasser une destinée plus brillante et plus réjouissante que jamais quiconque eut pu espérer.

Ce bonheur hyperbolique, qui a de l’emphase ce que l’Homme a de derniers gestes désespérés et d’implorations persévérantes, subsiste dans le vécu au présent, et non dans le pressenti d’une funeste heure. Louis d’Aragon, le grand poète, en fait le contre exemple :

« […] Et quand il croit
Ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix.
Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie.
[…]
Il n’y a pas d’amour heureux. »

Introduisant l’idée de mort dans l’idylle ou la passion, et selon moi, gâtant son bonheur en cherchant à trop lointainement apercevoir le commencement de la fin de sa vie.

Il y a quelque temps, c’était ma façon de penser. Mais, ayant trop souffert de déconvenues anticipées, j’ai choisi de renier l’évidence. « Quelle couardise ! » Me diront certains d’entre vous. Ils auront sûrement raison. Et je leur souhaite alors tout le bonheur qu’il est possible d’amasser en sachant d’avance l’issue de leur amour. Je ne veux pas, je ne veux plus de cela.
Soyez prévenus.

Je ne demande aucunement à ce que ma naïveté volontaire vous plaise, si je l’ai choisie ce n’est d’ailleurs pas dans l’espoir de toucher des doigts ce but.



Parfois arrive t’il, par malchance, - sûrement est-ce l’œuvre et le fait de ce que les hommes, se donnant des raisons illlusoires, rebutent la raison et la tendresse – que ce même destin prive ses esclaves d’une fortune que tout autre leur aurait cédée sans hésiter en voyant leur allure piteuse, leurs yeux larmoyants et leurs bras ballants, à l’abandon de tout acte dont les vrais auteurs pourraient les incriminer.

Agissant sur nos membres et brandissant fièrement nos actes, qu’il fussent spontanés ou non, comme le fatum pèse sur nos épaules, nous rendant plus dociles que des êtres de chiffons n’ayant même pas la capacité d’être calmes ou acharnés face au sort, et brandit fièrement ces lambeaux d’Hommes qu’il reste de l’œuvre filiale.
Qu’elle est belle notre humanité ! Subissons baffe après baffe, coup après coup, peu importe, on viendra à bout de nous. Seul le temps que nous tiendrons est décisif. N’est-ce pas ? C’est bien cela après tout. La durée. Tout ce qui compte.

Considérez donc les choses ainsi, que c’est beau après tout ! Et tellement plus facile à certains plutôt que de lever les yeux vers le soleil une fois, une dernière fois. Peut-être même la première.
Je n’ai cure de savoir qui, où, comment. Désormais, ce qui m’intéresse, c’est de convaincre les gens de profiter de leur bonheur, avant qu’on le leur enlève comme à d’autres. Et pourquoi pas de combattre le malheur de ces derniers.

C’est une sommation. Et un article emmerdant jusqu’à la dernière ligne, mais peu importe. Il vous déplait de lire cela, partez alors.

J’espère ne pas avoir fait un article inutile au point d’endormir vos âmes et d’aseptiser mon discours, et je remercie ceux qui ont le courage de lire mes petits textes maigrichons et d’une vacuité à faire pâlir une tomate. ;)


Pix : Digital blue
Listening to : I’ll make it to brigades – LoveHateHero


dimanche 18 novembre 2007

I miss you so far...


~ Soon the rain will wash away the sun as I melt with you. I am ghost. ~

Voilà bien longtemps, trop longtemps mon cher et tendre, que tu es parti.

Je me souviens de ces beaux jours d’été durant lesquels nous allions à travers les champs tous deux, notre amour bien serré et blotti au creux de nos mains, la tienne entremêlée avec la mienne, et gambadant innocemment et naïvement comme si cette romance nous eût pourvus d’une quelconque protection contre tous les malheurs auxquels l’être humain semble prédisposé.
Souvent, tu m’offrais un bouquet, que je t’avais observé composer avec soin, comme si chaque fleur pouvait m’exprimer mieux que toi-même l’amour que tu me portais, tu m’offrais un bouquet tantôt de valérianes, tantôt de liserons, parfois même de mauves. Et tu te délectais de voir mon visage se teinter comme une étoffe de soie diaprée, sur ce visage empreint de béatitude, mon sourire s’esquisser faiblement, avec retenue, puis fleurir brusquement, et mes yeux s’étoiler tels ceux d’un enfant.
Je me souviens de ces beaux soirs d’été. Nous rentrions chez toi après notre délicieuse journée estivale, ton magnifique bouquet entre nos mains enlacées. Tout était si parfait ! Nous observions ensuite le champ que nous quittions juste et qui semblait encore plus mirifique qu’il nous avait paru lorsque nous nous trouvions entre ses épis de blé, courant et faisant des tonneaux, vivant dans un autre monde, puisque rien n’est pareillement fabuleux dans le nôtre.
Ah ! Nous étions candides ! À peine la fragrance de notre magnifique journée au loin avait-elle été emportée par le vent, que déjà arrivait la pluie, tombant du ciel par petites gouttes irrégulières, en bruine. Et toi, alors, tu me parlais doucement, comme pour me réconforter, ou peut-être, du moins le supposais-je en t’entendant, que tu craignais une instance ne pouvant être rejetée. On distinguait à présent le bruit significatif de la pluie tapotant légèrement contre les carreaux.
Tes lèvres s’étiraient en un sourire forcé, nerveux. Et moi, je restais là, à ne pas savoir la raison de cette conduite peu enjouée après une telle journée Était-ce la pluie, que tu sentais croître au dehors, et en ton cœur creusant un ruisseau, que tu craignais ? De grosses gouttes et autant de lames acérées et parfaites venaient s’abattre sur le champ désormais boueux et d’une allure piteuse.
Mon doux. Je ne parvenais presque plus à t’entendre, tant la pluie à l’extérieur martelait les vitres. Je crus alors lire sur tes lèvres deux mots Les derniers que tu me dis, avant de devenir d’une pâleur cadavérique, de me tendre la main en un ultime espoir, de palper chaque parcelle de mon visage, comme si tu voulais à jamais t’en souvenir, de pousser un cri sourd, aucun son ne sortant de ta bouche tant la douleur te paralysait, avant que tes yeux roulent dans leurs orbites et que lourdement, tu viennes choir sur le sol, ta tête tombant d’un bruit sinistre à terre. Mon tendre. Je crus alors lire sur tes lèvres deux mots « Je t’aime »
Le destin m’enleva mon amour et ma naïveté d’un même coup, s’emparant de tout ce qui était cher à mon cœur. Je le sais désormais. Les êtres humains ne sont pas promis à ce magnifique avenir que je croyais apercevoir au bout de l’horizon de ma vie, non, le malheur arrive tôt ou tard. Ce fut, je pense, trop tôt pour te dérober à moi. Le temps a fait son office sur moi désormais, mon amour, il a fait son travail d’oubli, ou du moins ai-je oublié la douleur.

Voilà tellement longtemps, si longtemps mon cher et tendre, que tu es parti.

~ This four letter lie… Love… ~

Pix : Mon cher et tendre…
Listening to : The Dead Girl Epilogue – I Am Ghost.


jeudi 8 novembre 2007

Anorexia... Oh my sweet death is in front of this f*cking mirror. Please show me what I want !



Raan, un adolescent, qui a connu dans son enfance de nombreuses moqueries par rapport à son poids à cause de sa physionomie épaisse, décide un jour de maigrir, et est déterminé dans son objectif. Une fois ce dernier atteint, il n’est pas satisfait de ce qu’il est devenu, se trouvant toujours gros, bien qu’il soit famélique. Il entre dans le cercle vicieux de la bien connue maladie que l’on appelle l’anorexie.

D’un regard insistant, Raan fixa le miroir, dans lequel il avait le singulier loisir d’observer son reflet blafard durant de longues minutes, parfois durant des heures, son regard terni encadré de cernes auxquelles ont pouvait bien voir l’état d’épuisement dans lequel il se trouvait, et son être tout entier.

Ce corps squelettique ne lui apportait aucune satisfaction visuelle, mais l’emplissait d’un profond dégoût et de culpabilité, ce dernier sentiment ne l’empêchant pas de mettre fin à ses privations.
Pour beaucoup d’autres personnes, il n’y a en effet rien de plaisant dans le fait de regarder une carcasse vivante, mais dans le cas présent, Raan ne se désespérait pas de cet aspect de son enveloppe, et s’en réjouissait presque, au début, bien que ce sentiment de joie fut quelque peu réduit à mesure que ses forces et sa graisse et tout ce qu’il possédait avant de devenir un semblant de gastéropode s’amenuisaient, et croyait au contraire voir un bourrelet là ou tout œil averti aurait reconnu un os saillant de sa cage thoracique.

Parfois, à force de regarder cet autre humain, ce qu’il aurait du considérer comme son reflet, mais en quoi il ne voyait rien de plus qu’une brimade psychologique, cet autre humain qui lui paraissait si différent de lui, il en venait à lui parler, comme s’il s’agissait réellement de quelqu’un de distinct et d’existant…
« - Alors comme ça tu me ressembles ? Regarde toi un peu… T’es énorme mec ! Je préfèrerais mourir plutôt que d’être comme ça… »
Et à lui-même, il se répondait : « Si tu observes bien, tu verras qu’il n’est pas plus épais que toi, c’est-à-dire l’empilement de l’épaisseur de deux ou trois planches à pain tout au plus. »
Il savait que la deuxième voix, probablement celle de sa conscience ou de sa raison, disait juste. En quelque sorte, Raan avait raison, mais il se voilait tellement les yeux des tissus de mensonges qu’il nouait avec les simulacres de son âme que l’autre voix prenait aisément le dessus, l’obsédant et l’envahissant de cette idée de surpoids qu’il craignait tant qu’il avait fini par se croire en surcharge pondérale.

Ses amis et sa famille cherchaient à le rassurer sur ce point, parfois même à l’effrayer pour stimuler la faim du jeune homme, dont le corps s’amaigrissait à vue d’œil et à mesure que les jours passaient et cela sans que le temps et la faim ne le découragent dans ce qu’il s’était donné pour objectif : maigrir. Oui, maigrir, mais tous le savaient, sauf lui, Raan, qui était parfaitement serein bien qu’affaibli par les pertes de poids régulières et de plus en plus importantes, qui le laisseraient bientôt en charpie, il était anorexique.




Pix : The snake of weight
Listening to : My Chemical Romance – Our lady of sorrows.