La journée durant, il s’efforçait de masquer sa démence sous des maximes emplies de sagesse, tant et si bien que tout le monde eut pu jurer qu’il n’y avait rien de déraisonnable en lui, et que jamais l’on eut vu un être si sensé. Et, si l’on avait un jour découvert un type marmonnant des mots délirants, susurrant des menaces, d’une voix effrayante, s’adressant à un interlocuteur invisible, à la place de cette personne que tout le monde connaissait si équilibrée, il aurait expliqué être en train de répéter une pièce de théâtre, probablement, ou aurait trouvé toute autre excuse adaptée aux oreilles de ceux qualifiés communément de naïfs.
C’était un individu contraint à la perfidie et au mensonge mais il était bon et vertueux, au fond. Seulement, il n’y a homme plus fou que celui qui se croit capable de tout, et lui pensait pouvoir dérober au regard des autres une tare qui le hantait mais qu’il devait malgré tout réprimer, un mal qui lui soulevait les entrailles, tandis que lui s’efforçait de les maintenir en place par divers subterfuges et simulacres ondoyant à sa surface et étant seuls éléments de son âme qu’il laissait visibles à son environnement.
Il se sentait comme mort, autant intérieurement qu’extérieurement, totalement désemparé, mais gardant néanmoins – telle une maigre consolation - la sensation chaleureuse de son sang coulant dans ses veines.
A la tombée de la nuit, sa folie l’envahissait et le persécutait sans lui laisser de répit. Elle n’avait alors personne de qui se cacher, personne, et prenait un malin plaisir à torturer la pauvre tête étriquée de son hôte, qui se débattait inutilement sous son joug. La Malsaine lui emplissait l’esprit, occupant chaque parcelle de son âme, faisant raisonner dans sa tête des bruits brefs, incessants, comme les carillons d’une infinité d’horloges, et y infiltrant des pensées effrayantes tant elles semblaient réelles. Tous les soirs, lorsqu’une crise le transperçait, il s’agrippait d’un ultime espoir à sa commode, ses ongles rentrant dans le bois grossier du meuble, laissant d’horribles sillons sur la tablette. Lorsqu’il se démenait contre la Furie, le petit ameublement valsait sous ses coups hargneux, étant la seule chose à portée de son lit.
Un beau matin, il s’était réveillé. Ou plutôt, elle s’était réveillée. Il n’y avait plus trace du bon et vertueux homme qui se débattait avec acharnement.
Elle se mit à errer, en quête d’un endroit où poser son derrière hanté. Un banc, à l’écart de la circulation et du bruit continuel causé par l’agitation de la fourmilière humaine qu’est une ville. Voilà qui était parfait. Vint alors une dame d’un âge apparemment avancé, donnant l’impression de posséder une bosse tant elle était courbée, et se déplaçant à l’aide d’une canne, telle une troisième jambe. Fatiguée des dix mètres qu’elle venait de parcourir – un vrai marathon, pour elle – elle prit place aux côtés de la Chose qui n’avait d’un humain plus que l’enveloppe corporelle, le regard vide et le visage livide. Elle était vêtue d’une jaquette et d’une jupe de couleur marron, d’assez mauvais goût.
Le visage de son voisin se crispa. La lutte démente qui lui était habituelle, tous les soirs, recommença. Sauf que cette fois-ci, c’était le pauvre homme qui tentait de l’effrayer. La chorégraphie sinistre et maintenant connue de tous deux s’effectua. Les ongles se plantèrent violemment dans un objet proche, ressemblant étrangement à une commode. La vieille dame poussa un cri et s’effondra. L’homme qui commençait à reprendre possession de son corps, l’envoyait valser comme son meuble, y laissant les mêmes sillons.
Puis, plus rien. Un grand silence. Les nuages voilant les yeux de la triste créature partaient peu à peu, pour laisser place à cette vision d’horreur. Une vieille femme, couverte de griffures, ensanglantée, gisait à terre, inerte.
« Est-ce moi qui ai fait ça ? » Il recula de quelques pas, se retourna brusquement, puis s’enfuit à travers la forêt, poursuivi par sa névrose, laissant la femme reposer au milieu des feuilles mortes d’un rouge étonnamment vif.
C’était un individu contraint à la perfidie et au mensonge mais il était bon et vertueux, au fond. Seulement, il n’y a homme plus fou que celui qui se croit capable de tout, et lui pensait pouvoir dérober au regard des autres une tare qui le hantait mais qu’il devait malgré tout réprimer, un mal qui lui soulevait les entrailles, tandis que lui s’efforçait de les maintenir en place par divers subterfuges et simulacres ondoyant à sa surface et étant seuls éléments de son âme qu’il laissait visibles à son environnement.
Il se sentait comme mort, autant intérieurement qu’extérieurement, totalement désemparé, mais gardant néanmoins – telle une maigre consolation - la sensation chaleureuse de son sang coulant dans ses veines.
A la tombée de la nuit, sa folie l’envahissait et le persécutait sans lui laisser de répit. Elle n’avait alors personne de qui se cacher, personne, et prenait un malin plaisir à torturer la pauvre tête étriquée de son hôte, qui se débattait inutilement sous son joug. La Malsaine lui emplissait l’esprit, occupant chaque parcelle de son âme, faisant raisonner dans sa tête des bruits brefs, incessants, comme les carillons d’une infinité d’horloges, et y infiltrant des pensées effrayantes tant elles semblaient réelles. Tous les soirs, lorsqu’une crise le transperçait, il s’agrippait d’un ultime espoir à sa commode, ses ongles rentrant dans le bois grossier du meuble, laissant d’horribles sillons sur la tablette. Lorsqu’il se démenait contre la Furie, le petit ameublement valsait sous ses coups hargneux, étant la seule chose à portée de son lit.
Un beau matin, il s’était réveillé. Ou plutôt, elle s’était réveillée. Il n’y avait plus trace du bon et vertueux homme qui se débattait avec acharnement.
Elle se mit à errer, en quête d’un endroit où poser son derrière hanté. Un banc, à l’écart de la circulation et du bruit continuel causé par l’agitation de la fourmilière humaine qu’est une ville. Voilà qui était parfait. Vint alors une dame d’un âge apparemment avancé, donnant l’impression de posséder une bosse tant elle était courbée, et se déplaçant à l’aide d’une canne, telle une troisième jambe. Fatiguée des dix mètres qu’elle venait de parcourir – un vrai marathon, pour elle – elle prit place aux côtés de la Chose qui n’avait d’un humain plus que l’enveloppe corporelle, le regard vide et le visage livide. Elle était vêtue d’une jaquette et d’une jupe de couleur marron, d’assez mauvais goût.
Le visage de son voisin se crispa. La lutte démente qui lui était habituelle, tous les soirs, recommença. Sauf que cette fois-ci, c’était le pauvre homme qui tentait de l’effrayer. La chorégraphie sinistre et maintenant connue de tous deux s’effectua. Les ongles se plantèrent violemment dans un objet proche, ressemblant étrangement à une commode. La vieille dame poussa un cri et s’effondra. L’homme qui commençait à reprendre possession de son corps, l’envoyait valser comme son meuble, y laissant les mêmes sillons.
Puis, plus rien. Un grand silence. Les nuages voilant les yeux de la triste créature partaient peu à peu, pour laisser place à cette vision d’horreur. Une vieille femme, couverte de griffures, ensanglantée, gisait à terre, inerte.
« Est-ce moi qui ai fait ça ? » Il recula de quelques pas, se retourna brusquement, puis s’enfuit à travers la forêt, poursuivi par sa névrose, laissant la femme reposer au milieu des feuilles mortes d’un rouge étonnamment vif.

Pix : Le fou
Listening to : The Bird and the Worm – The Used.
5 commentaires:
Oh en fin un article, et le quel :)
Qui est donc ton inspiration o_O ? Ça fait longtemps qu'elle était pas venue :)
C'est personne. Ou plutôt, c'est un être capricieux qui prend la fâcheuse habitude de partir en vacances ces derniers temps. ;p
Hum, o_ô je vois toujours pas xD
C'est pas grave, je ne t'en tiendrai pas rigueur. xD
T'ES UNE PUTE
(Et en plus t'es siphonné)
J'te kiffe XD
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